February 10, 2012

Mineko Higashi Pikacyu (ピカ)

Mineko Higashi alias Pikachu, Pikacyu ou encore simplement Pika est une musicienne japonaise originaire d'Osaka. Elle débute dans un quatuor intitulé Z, mais ne tarde pas à rencontrer Oni, avec qui elle forme, en 2002, le band noise rock Afrirampo. Elle y est drummeuse.

Leur union durera huit ans. En 2010, les deux filles d'Afrirampo annoncent leur séparation. Leur site web, néanmoins, laisse planer l'espoir d'une éventuelle réunion. Il ne nous reste qu'à espérer.

Outre Afrirampo, Pika fut aussi drummeuse pour Acid Mother Temple and the Cosmic Inferno (Elle y est d'ailleurs présente sur la vidéo en bas de mon post sur eux). Elle a aussi annoncé, en 2011, son départ du groupe.

Suite à la dissolution d'Afrirampo, les deux membres nous ont chacune gratifiées d'un album solo, dans les deux cas un album folk - style qui tranche considérablement avec le style chaotique et hurlant de leur carrière ensemble.

L'album de Pika - intitulé Moon♀Mama - est un album étrange ou elle délaisse les percussions pour y jouer de la guitare acoustique. Si l'album folk d'Oni est un album à l'écoute facile, celui de Pika est plus complexe; sa voix stridente et son refus catégorique de suivre les conventions musicales habituelles en font un album particulier qui nécessite de s'y préparer l'oreille. C'est un album génial.

Aujourd'hui, Pika et drummeuse pour le duo Pika - Makoto, avec le guitariste Kawabata Makoto. Leur unique album est intéressant, mais je n'y recèle pas l'étincelle de génie qui semble pourtant marquer tous les projets musicaux auquel elle a précédemment participé. Leur collaboration live, cependant, semble être quelque chose de grandiose.

Outre la musique, elle tient aussi le rôle d'une prostituée dans le film Red-light District Graffiti, film que je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion de voir.





February 9, 2012

Eurociné

BAP Films était une compagnie de production française fondée en 1937 et spécialisé dans le cinéma à petit budget.

On leurs doit quelques films dont relativement personne n'a jamais entendu parler comme Monsieur Breloque a disparu et Master Love. Vers la fin des années 50, la compagnie ne va pas très bien, mais elle est tout de même racheté par un certain Marius Lesoeur qui la renomme Eurociné.

Sous la gouverne de Lesoeur, que vous le vouliez ou non, Eurociné fait sa marque dans l'histoire du cinéma français. Notez bien que je dis "sa marque", mais en réalité c'est plutôt une tache.

Maintenant dirigé par Daniel Lesoeur (le fils de Marius, mort en 2003 sans que Les Cahiers du Cinéma ne daignent en parler), Eurociné ne produit, malheureusement, plus rien, se contentant uniquement de faire la distribution des oeuvres de sa belle époque en DVD.



La saga Eurociné débute lentement avec des films de Zorro semi-érotique et des western tournés en Espagne. Mais c'est en 1961 que se produira une rencontre qui fera un déclic: Marius Lesoeur rencontre l'espagnol Jesús Franco Manera.

La relation Lesoeur - Franco ne sera pas de tout repos et notre bon Jess claquera la porte de la société à plusieurs reprises, mais il reviendra toujours et sera, jusqu'au milieu des années 80, le réalisateur le plus régulier et le plus prolifique de la société.

Eurociné, pour Jess Franco, est pas mal la seule place ou on lui donne carte blanche pour ses idées les plus folles et les plus déviantes et de leur union naitra d'incontournables chefs-d'oeuvre du mauvais goûts.



Outre Jess Franco, un autre réalisateur important de chez Eurociné est Jean Rollin qui y prendra entre autre la relève de Franco (ayant, justement, claqué la porte) pour le tristement célèbre Le lac des morts-vivants.

Rollin, grand amateur de pseudonymes n'utilise son nom véritable que pour ses oeuvres personnelles. Il est connu la-bas sous le nom de J-A Lazer. Il n'y réalisera, au final, pas grand-choses, ses talents étant surtout réservé au tournage de scènes additionnelles pour d'autres films, dans le but d'en étirer la durée ou en augmenter la teneur en érotisme.


Le style des films d'Eurociné variera avec le temps selon les modes et les films populaires, mais seront pas mal toujours réalisés avec des budgets de misère et bourrés d'érotisme ridicule et de nudité gratuite.

Les pré-requis d'embauche de la compagnie semblent être, pour les hommes, de ressembler - même vaguement - à un acteur célèbre et pour les femmes d'accepter de se mettre à poil pratiquement tout le temps.

Dans l'ensemble, le catalogue de la compagnie n'est qu'un ramassis de merdouilles visuelles. Reste que, d'une certaine façon et pour qui sait les apprécier, ce sont quand même de petits chefs-d'oeuvre.

Eurociné ont cessé de produire vers le milieu des années 80 - comme bien de petits producteurs indépendant à travers le monde - incapable de lutter contre la télévision et les salles de cinéma qui, déjà, effectuent leurs métamorphoses vers le cinéplex.

Pourtant, aujourd'hui, l'avènement du numérique et la baisse des coût de production qu'elle occasionne jumelé à un ras-le-bol généralisé d'une bonne partie du public pour le cinéma mainstream mielleux et dépourvu d'imagination cause une réapparition de petites compagnies nanardeuses comme Seduction Cinema aux États-Unis ou Zen Picture au Japon.

Le temps ne serait-il pas venu pour Eurociné de remettre les caméras en marche?

Un collaborateur non-identifié des Lesoeur aurait un jour dit « Le pire, c'est qu'ils croient vraiment qu'ils font du cinéma ». Et bien moi je lui répond « Oui, môsieur, ils en faisaient. Et, moi, j'espère qu'ils en feront encore! ».

Le cinéma actuel manque cruellement de tribus d'Amazones à poil vous ne trouvez pas?


February 8, 2012

[•REC] et [•REC] ²



Deux réalisateurs, deux films, deux genres, mais aussi deux réussites; celle de faire des films "caméra à l'épaule" qui ne sont pas d'un nulisme aberrant et celle, justement, de mélanger deux genres qui n'ont, a priori, pas grand-choses à voir ensemble de manière cohérente et adéquate. Ces genres, ce sont les films de zombies et les films de possessions démoniaques.

Ces réalisateurs, ce sont les espagnols Jaume Balagueró i Bernat et Paco Plaza. Le premier s'est déjà fait connaitre avec d'excellents films d'horreurs comme Frágiles ou son excellent épisode, Para entrar a vivir, de l'équivalent espagnol de Masters of Horror, Películas para no dormir. Le second, Paco Plaza, pour sa part est l'auteur de l'intéressant film de loups-garous Romasannta et signe aussi un épisode de Películas para no dormir intitulé Cuento de navidad.

Mais pour les deux, [•REC] demeure le petit chef-d'oeuvre pour lequel ils s'évertuent maintenant à faire des suites. On ne peut qu'espérer que cette course à la sequel n'en diluera pas la qualité.

[•REC] suit les péripéties d'une journaliste et de son cameraman suivant une équipe de pompiers pendant une intervention nocturne qui devaient, normalement, n'être qu'une intervention minime pour aider une femme prisonnière de son logement. Après un début un peu lent, mais qui met bien dans l'ambiance, l'action arrive et il n'en manque pas vraiment! On a droit à un divertissement zombiesque de grande qualité qui n'a absolument rien à envier aux maîtres du genre.

Les Américains, fidèles à eux-mêmes, ont préférés tourner une version américaine que de le doubler ou le sous-titrer. Réalisé par John Erick Dowdle - un réalisateur d'horreur de série-B n'ayant jamais rien fait de mémorable -, Quarantine est pratiquement une relecture plan-par-plan. Cette version édulcoré est, comme c'est pas mal toujours le cas avec ce genre de remake, complètement inutile et je ne m'y attarderais pas.

Sorti deux ans plus tard, [•REC]² reprend l'histoire à la minute même ou le premier film se termine. Cette fois-ci, c'est une équipe de policier du genre S.Q.U.A.T. qui investissent le building dans l'espoir d'y comprendre ce qui s'y est passé exactement.

Moins lent à démarrer que le premier opus, [•REC]² débute alors que l'action est déjà vive. Il trouve néanmoins le temps de fournir des explications sur les points laissés en suspend dans le premier film, notamment des explications sur l'origine de l'épidémie.

Le concept de caméra à l'épaule est conservé, mais cette fois-ci le caméraman n'est pas unique ce qui permet plusieurs points-de-vues.

J'ai trouvé [•REC]² tout aussi agréable à visionner que le premier.

[•REC]3 et [•REC]4 sont en cours de tournage, l'un réalisé par Paco Plaza, l'autre par Jaume Balagueró. J'ai un peu peur de ce que cette "séparation pour aller plus vite" va donner, reste que je les attends quand même avec une certaine impatience...

February 4, 2012

Acid Mothers Temple

Acid Mothers Temple est une série de collectifs musicaux gravitant autour du guitariste Kawabata Makoto.

La plus célèbre - et plus active - incarnation en est Acid Mothers Temple and the Melting Paraiso U.F.O., formé (actuellement) de Kawabata Makoto à la guitare, Tsuyama Atsushi à la basse et aux chants cosmiques, Higashi Hiroshi aux synthétiseurs, Shimura Koji au drum et Tabata Mitsuru à la guitare et à la guitare synthétiseur.

La musique des Acid Mothers Temple, qu'elle qu'en soit l'incarnation, est difficile à décrire. Ce n'est véritablement pas une musique pop s'adressant à n'importe quelle oreille; c'est plutôt un rock psychédélique bruyant et cru s'adressant à un auditoire averti.

Acid Mothers Temple and the Melting Paraiso U.F.O. seront en tournée nord-américaine (et à Montréal le 27 avril prochain au Il Motore). Je ne saurais trop suggérer aux Montrèalais qui me lisent - et même a ceux qui ne me lisent pas -de réserver cette date à leurs calendrier.


La seconde incarnation la plus active est Acid Mother Temple and the Cosmic Inferno qui offre une musique un peu moins psychédélique et un peu plus rock. Malheureusement, ils ne se produisent que rarement à l'extérieur du Japon.

Outre ces deux incarnations principales, on retrouve aussi Acid Mothers Gong - avec certains membres du groupe de rock progressif de Daevid Allen: The Gong -, Acid Mothers Afrirampo - avec Oni et Pika les deux nymphettes du chaos du groupe Afrirampo -, Acid Mother Temple SWR, Acid Mother Guru Guru, Acid Mothers Temple & The Pink Ladies Blues et quelques autres.

Ci-bas un spectacle complet d'Acid Mothers Temple and the Cosmic Inferno à Dublin en 2008.

February 2, 2012

Les zombies avant Georges


Avant de devenir de répugnantes goules anthropophages puis un poilant prétexte a comédies burlesques, les zombies étaient des êtres humains rendus esclave serviles par le biais des rites vaudou et d'une mystérieuse substance a base d'écailles de poissons.

Théoriquement - c'est-à-dire selon les linguistes - le mot français "zombie" vient du mot anglais "zombie" qui, lui, tire son origine du mot créole haitien "zonbi". Je ne suis pas sur de comprendre exactement qu'est-ce que l'anglais vient faire la-dedans ni pourquoi le mot bantou "nzumbe", qui signifie "corps réanimé" n'a, lui, rien à voir dans cette étymologie mais ces linguistes ont probablement été à l'école plus que moi alors disons que zombie est un mot anglais.



Le plus ancien cas de zombie recensé est celui de Felicia Felix-Mentor, morte en 1907 à l'âge de 29 ans puis réapparue, nue et confuse, 30 ans plus tard.

Un cas plus récent - et plus célèbre - est celui de Clairvius Narcisse qui fut mort et enterré en mai 1962 pour réapparaître dans son village natal en 1980. Son cas fut le sujet d'un livre, The Serpent and the Rainbow, adapté a l'écran par Wes Craven. L'auteur du livre, l'ethnobotaniste Wade Davis, fut très critique a l'égard du film auquel il se dissocia totalement.


La première apparition du Zombie au cinéma remonte à 1932 avec White Zombie de Victor Halperin. Ce film marque plus ou moins le canevas de base qui est repris par pratiquement tous les films du genre jusqu'à ce que George décâlisse tous ça avec son Night of the Living Dead.

C'est un film intéressant qui ne manque pas de style - on y reconnait les influences de Fritz Lang et des films d'horreurs de Universal. Malheureusement, pour le spectateur moderne, il s'avère vite lassant et les relations raciales d'une autre époque deviennent rapidement exaspérantes.


Mais si je précise que White Zombie peut s'avérer lassant pour un public moderne, il n'en va pas de même pour Revolt of the Zombies, tourné quelques années plus tard par le même Victor Harlepin. Celui là devait sans doute être tout aussi lassant pour le spectateur de l'époque. Un oeuvre insipide sur laquelle il est inutile de s'attarder.

Pendant les quelques vingts années qui suivent, le zombie évolue tranquillement et s'éloigner peu-à-peu de ses origines africaines et, surtout, haitiennes, mais conserve toujours la concept de relation maitres et esclaves.

D'un coté plus traditionnel I walked with a zombie de Jacques Tourneur, sorti en 1943 ou King of the Zombies de 1941, mais aussi des oeuvres plus étranges comme The Incredibly Strange Creatures Who Stopped Living and Became Mixed-Up Zombies!!? - plus connu pour l'originalité de son titre que pour ses valeurs cinématographiques.- et le célèbre Plan Nine from Outer Space de l'infâme Ed Wood Junior.

Le succès du genre Zonbie n'a pas l'intensité qu'elle aura plus tard dans la période post-George, mais ça n'empèche pas nos amis mexicains d'y aller d'un Santo conta los zombies et quelques autres zombilleries du même genre. Même le péplum sera affecté, avec une armée de zombies dans
Roma contro Roma et autres apparitions de zombies dans des titres comme Il conquistatore di Atlantide, Ercole al centro dellla terra ou encore Maciste contro il vampiro.

C'est alors que Georges vient changer la donne...

Suite de cet article: Les zombies de George